Synthèse de la table ronde DDS



“L’assistance à domicile : activité logistique ou nouvelle spécialité médicale ?”

A l’occasion de la journée anniversaire des 30 ans de DDS Franche-Comté qui s’est tenue le 26 septembre dernier, une table ronde a rassemblé de 19h à 23h, de nombreux acteurs de la santé pour débattre du thème “L’assistance à domicile : activité logistique ou nouvelle spécialité médicale ?”, envisagée autour des expériences de travail en réseau.
L’enjeu de ces pratiques est de concilier une double contrainte, d’ordre économique d’une part avec l’obligation de mieux maîtriser nos dépenses de santé dans un contexte de chronicisation de certaines pathologies. D’ordre médico-sociale d’autre part, pour répondre aux aspirations légitimes des patients demandeurs de plus de services et de proximité.
DDS Franche-Comté et né et s’est développé sur cette notion de travail en réseau et a su se réapproprier des techniques, matériels ou outils disponibles dans d’autres pathologies. Cette pratique médicale va se développer de façon inéluctable et le nombre de médecins généralistes engagés dans les soins à domicile va s’accroître .
Plus de 20 intervenants se sont succédés à la tribune pour partager leur expérience et leur conviction organisées autour de plusieurs idées force :

La prise en charge du patient relève d’une approche globale.
Elle s’appuie sur des politiques publiques qui tiennent compte des évolutions des pathologies et des patients, de cette transition épidémiologique en cours qui voit la chronicisation de certaines pathologies, les durées de traitement s’allonger en même temps que la durée de vie. Dans cette dimension l’acte de soins s’étend, s’élargit à des composantes sociales.
Ces changements sont fondamentaux car ils redéfinissent la relation soignants-soignés et conduisent à s’interroger sur la nécessaire adaptation de formation des personnels médicaux.

Le partage des pratiques et expériences améliorent la prévention.
Le travail en réseau c’est l’échange d’expertise : il permet le développement de la formation, de l’auto-formation face à des pathologies où les patients deviennent souvent acteurs de leurs soins, sont informés, surinformés et où les interactions et passerelles professionnelles sont essentielles pour garantir une bonne qualité de soins.
Face à des pathologies nouvelles et de masse (diabète de type 2, cardio-pathologies,…) les mesures de prévention et les améliorations de prises en charge, même minimes, réduisent les décès ou complications lourdes et génèrent par la-même immédiatement et mécaniquement des économies très importantes.

C’est l’urgence qui fait loi : le fond avant la forme.
La forme de certaines pathologies, leur gravité ou leur ampleur imposent de fait de réunir des compétences, des moyens provenant de différentes sources. Souvent informels et naturels, ils optimisent et s’organisent pour mieux traiter un nombre croissant de patients, rationaliser les expériences, les formater pour lutter conter l’errance diagnostique, faciliter le dépistage, assurer la formation des soignants avec le souci constant de replacer le patient au cœur de sa prise en charge.

Le bon soin au juste coût ?
La tendance à l’hyper médicalisation est inévitable (questions légales, éthiques, commerciales ) et pourtant, il est indispensable de “dépenser mieux”. La réduction du nombre des structures hospitalières va de paire avec des plates formes techniques de plus en plus performantes et chères à faire fonctionner. ( et ce sans tenir compte des frais annexes prise en charges transports etc.).
La prévention d’un part et le dépistage précoce d’autre part sont de nature à permettre une organisation différente des soins (le développement des maisons de naissances animées par des sages femmes sous contrôle d’un médecin).

La dimension réglementaire permet de structurer des initiatives pour leur donner des moyens organisationnels et financiers.

Face à une question de santé publique précise, les initiatives individuelles sont toujours indispensables pour apporter une réponse concrète, immédiate. S’appuyant sur les patients eux-mêmes , leurs proches, ils facilitent l’identification de besoins, formalisent les modalités de prise en charge. Mais ces questions de santé ne sont correctement traitées que lorsque la puissance publique prend le relais des initiatives individuelles, les formatent et en assurent du même coup une unicité d’accès partout en France C’est le cas pour la douleur, le droit des patients, le développement de l’HAD, ….

Au côté du patient, le médecin généraliste doit rester au coeur du dispositif et reste « propriétaire » de son patient et de la relation de soins avec lui.
Pour cela , il convient de développer l’échange d’informations et le livret médical partagé est la voie à creuser dés lors qu’il sera réellement partagé. Bien plus qu’une somme de données médicales, il doit devenir un outil expert, capable d’aider le généraliste dans son travail, intégrant les évolutions de protocoles apportant une plus grande fiabilité de diagnostics et de traitements.
Face aux innovations technologiques en cours (dossier informatique, télémédecine, transfert de données par Internet ou téléphone) il apparaît plus pertinent de favoriser la prise en charge humaine, tant dans la prévention que dans l’ accompagnement et le suivi.

Le travail en réseau : une médecine plus humaine ?
Constatant le manque de lits, la baisse des moyens et l’augmentation des coûts de santé c’est autour d’une approche plus globale du patient dans la diversité des personnes qui interviennent autour de lui que se trouve la voie à explorer. Travailler en réseau, admettre la nécessité de travail complémentaire c’est reconnaître l’autre comme indispensable, son travail comme indissociable d’un tout.
Structuré ou informel, le réseau de santé se construit sur des principes et des valeurs :
- Simplicité pour permettre à tous de pouvoir intervenir efficacement et rapidement (dossier papier partagé en possession du patient en attendant l’Internet pour tous),
- respect de chacun et de son travail dans l’intérêt du patient



Liste des intervenants :

Pr CAMELOT "Chef du Service de Chirurgie Vasculaire - CHR Besançon - Représentant le Doyen de la Faculté de Médecine"
Mr MAUGAIN Délégué Territorial "VAINCRE LA MUCOVISCIDOSE"
Mr HERBEIN Président de l'Association des "Mutilés de la Voix"
Mr BERTIN Directeur HAD
Dr FAUCOMPRE Conseiller Médical de l'A.R.H. de F.C.
Mr CHAMBAUD Directeur Régional de la DRASS de FC
Docteur SARREY Président de l'Ordre des Médecins du Doubs.
Ainsi que les Professeurs et Docteurs DALPHIN, MENGET, MOULIN, PENFORNIS, SCHIELE, VERNIER, FERGANE, GIROD, PHILIPPE.